Les communautés politiques sont-elles indéfiniment accélérables?

J’ai participé à la session d’intégration du cycle national de l’IHEST, à Arc et Senans, le 1er octobre 2014. La thématique de l’année portant sur le temps, j’ai tenté de mettre en relation les thèses développées par Hartmut Rosa dans Accélération et les craintes émises par Dewey dans Le Public et ses problèmes devant l’instabilité des communautés, qui lui semblait menacer à sa racine même la formation des publics qu’il appelait de ses voeux.

L’obsession pour le mouvement et la vitesse est un symptôme de
l’instabilité incessante de la vie sociale, et elle contribue à intensifier
les causes dont elle provient. (…) On peut se demander comment
un public pourrait être organisé s’il ne tient littéralement pas en
place. Seuls des problèmes sérieux ou ce qui peut sembler en tenir
lieu peuvent permettre de découvrir un dénominateur commun à
des relations si changeantes et instables. L’attachement est une
fonction très différente de l’affection. Les affections persistent aussi
longtemps que le coeur bat. Mais l’attachement suppose davantage
que des causes organiques. Les choses mêmes qui stimulent et
intensifient les affections peuvent miner les attachements. Car ces
derniers se développent dans une situation de paisible stabilité; ils
sont alimentés par des relations constantes. L’accélération de la
mobilité les ébranle dans leurs fondations.
John Dewey, Le public et ses problèmes, 1927.

Capture d’écran 2014-10-19 à 20.24.36

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s